Joachim du Bellay est, au côté de Ronsard, l'autre grande figure poétique du groupe de la Pléiade. Dans ce poème, l'auteur de la fameuse Défense et illustration de la langue française et des Regrets convoque une fameuse figure de la mythologie grecque...
Piteuse1 Écho, qui erres en ces bois,
Réponds au son de ma dolente2 voix.
D'où ai-je pu ce grand mal concevoir,
Qui m'ôte ainsi de raison le devoir ? De voir.
Qui est l'auteur de ces maux advenus ? Vénus.
Comment en sont tous mes sens devenus ? Nus.
Qu'étais-je avant qu'entrer en ce passage ? Sage.
Et maintenant que sens-je en mon courage3 ? Rage.
Qu'est-ce qu'aimer, et s'en plaindre souvent ? Vent.
Que suis-je donc, lors que mon cœur en fend ? Enfant.
Qui est la fin de prison si obscure4 ? Cure5.
Dis-moi, quelle est celle pour qui j'endure ? Dure.
Sent-elle bien la douleur, qui me point6 ? Point.
Ô que cela me vient bien mal à point !
Me faut-il donc (ô débile7 entreprise)
Lâcher ma proie, avant que l'avoir prise ?
Si8 vaut-il mieux avoir cœur moins hautain9,
Qu'ainsi languir sous espoir incertain.
1. Piteuse : qui éprouve de la pitié.
2. Dolente : plaintive.
3. Courage : cœur.
4. Qui est la fin de prison si obscure : comprendre ici « Qu'est-ce qui mettra fin à cette prison si obscure ? ».
5. Cure : souci.
6. Me point : m'attaque, me frappe.
7. Débile : faible, qui manque de vigueur.
8. Si : cependant il vaut mieux.
9. Hautain : orgueilleux.
Source : https://lesmanuelslibres.region-academique-idf.frTélécharger le manuel : https://forge.apps.education.fr/drane-ile-de-france/les-manuels-libres/francais-seconde/-/tree/master?ref_type=heads ou directement le fichier ZIPSous réserve des droits de propriété intellectuelle de tiers, les contenus de ce site sont proposés dans le cadre du droit Français sous licence CC BY-NC-SA 4.0 